Chine - Suzhou SIP

Chine – Ballade dans le SIP de Suzhou

Le SIP à Suzhou reflète la croisse exubérante de la Chine, pays considérée comme l’une des plus vieilles civilisations encore existantes. Six mois à la découverte de l’empire du milieu, de sa culture multimillénaire et de ses habitants. 

Au milieu d’un croisement, personne. Au loin, j’aperçois une personne qui semble ne pas savoir où aller et une vieille dame qui balaye l’immense avenue du SIP avec un balai fabriqué à partir d’herbages séchés et d’un vulgaire bout de bois. En général il y a plus d’employés, mais la chaleur accablante de ce samedi après-midi a sans doute eu raison des autres.

C’est en regardant les mains de ces travailleurs que l’on comprend leurs origines : ce sont pour la plupart d’anciens paysans dont les terres ont été spoliées par le gouvernement pour y construire des immeubles, des industries, des autoroutes et autres aménagements urbains pour « le bien de tous ». Ils n’ont donc plus d’autres choix que de chercher de petits travaux dans la ville la plus proche pour pouvoir subvenir à leurs besoins, voire d’en cumuler plusieurs. Le changement doit être dur, la réalité encore plus.

Ces deux personnes sont-ils le seul signe de vie? Il faut croire, sauf si l’on ne prend pas en compte les quelques oiseaux qui chantent au loin dans les arbres. Même les voitures ne circulent que rarement, car il y a simplement peu d’habitants dans le quartier et surtout aucune activité à y faire. Il fait lourd et le soleil est caché par un petit voile blanc – de pollution -, comme d’habitude. C’est l’été dans le SIP de Suzhou.

Je me décide de traverser, même si le feu est rouge. Je regarde à droite. La route semble ne jamais se terminer. Au loin elle disparaît dans sous le voile clair, ce voile qui engloutit tout: immeubles, voitures, routes et même les gens. A gauche la même chose, l’immense lac Jinji disparaît totalement. Après quinze minutes de marche, un bâtiment administratif de grande taille couvert de signes du Parti se dessine au fur et à mesure. De l’autre côté de la gigantesque avenue, de nombreuses personnes attendent patiemment le bus dans un arrêt qui semble trop petit pour les contenir tous. Que viennent faire tous ces gens-là un samedi après-midi ? Je m’approche, et je découvre que ce bâtiment est en fait l’équivalent de l’ANPE française. Ce sont des gens qui cherchent donc un travail. Tous ne se fait donc pas « au black » en Chine. Sous ses airs de « Venise de l’Est », Suzhou est avant tout une ville industrielle. Grâce à son statut  de Zone Economique Spéciale et à sa proximité avec Shanghai, bon nombre d’entreprises étrangères et nationales se sont implantées à Suzhou pour profiter du cadre accueillant de la ville.

SIP, un Minecraft à échelle humaine

Un quadrillage parfait, des lignes droites qui se croisent à 90°, des immeubles flambants neufs avec de petits jardins chinois, mais la plupart inoccupés, des arbres disposés tous les dix mètres, un désert urbain à n’en plus finir. L’image semble être trop simpliste, malheureusement elle reflète une réalité que de nombreuses personnes ne souhaitent pas évoquer. SIP est l’abréviation de « Suzhou Industrial Park » et est en quelque sorte la nouvelle ville se trouvant non loin du parc industriel. La plupart des immeubles doivent avoir moins de cinq ans et le SIP n’est pas une exception en Chine.

Economie chinoise oblige, les dirigeants chinois veulent montrer à leurs supérieurs les changements qu’ils réalisent lorsqu’ils sont au pouvoir. Quels sont les meilleurs moyens pour montrer ces changements? Tout simplement en construisant, toujours plus, toujours plus haut. Des milliers d’hectares arrachés à la nature, aux forêts et aux lacs pour construire des immeubles qui sont ou qui restent pour la majorité vides. La Chine est malheureusement connue pour ses villes fantômes, notamment LinPing avec sa majestueuse réplique de la Tour Eiffel. Le secteur du BTP représente une grande part dans l’économie chinoise, et des millions de personnes en dépendent. Cela permet donc la création d’emplois et le maintien de la fulgurante croissance économique chinoise – mais visiblement pas assez car en dessous de l’objectif des 7% de croissance sur 2015 fixé par le gouvernement central.

Les « neighborhood centers » chinoises

Le centre administratif est derrière moi. Après plus de vingt minutes de marche sous un soleil de plomb et dans des rues qui se remplissent timidement de gens, j’arrive devant un gigantesque centre commercial appelé « neighborhood centers ». Dans le SIP, les supérettes, les restaurants et autres petits GPS Signal Not Found in Pokémon Go on iPhone commerces au pied des immeubles se font très rares. Et bien souvent le seul moyen de faire les courses, d’aller au restaurant, d’acheter des habits ou de faire du sport nécessite de se déplacer dans ces centres qui ont très souvent à côté d’eux des terrains de jeu à ciel ouverts et des jardins. Véritable temple de la consommation et du capitalisme au pays du «communisme à la chinoise», on y trouve des boutiques de vêtements, des supermarchés, des salles de sports, des bowlings, des cinémas et surtout une quantité incroyable de restaurants. En Chine il ne faut pas se fier aux apparences, les petits restaurants sont souvent les plus authentiques et bien meilleurs que les grands restaurants « chics », même si la vue sur la cuisine n’est pas des plus attirantes.

Ces centres ont avant tout un rôle social. Ce sont des lieux de rencontre privilégiés pour les familles le weekend et tous les soirs s’y retrouvent des retraités pour danser ensemble sur des musiques allant de la musique traditionnelle à la musique moderne, sous l’œil vigilant d’un policier bien entendu. Durant le weekend se déroule souvent des fêtes pour les enfants organisées par la ville et les ballades dans les jardins sont pour beaucoup d’entre eux le seul moment de détente en famille dans la semaine.

Habiter dans le SIP à Suzhou ne donne qu’une vision erronée de la vie en Chine. Seules les personnes les plus aisées peuvent se permettre de vivre dans ces immeubles flambant neufs et bien souvent la voiture est nécessaire, même s’il est possible d’utiliser le réseau de bus et de métro depuis 2011. Pour connaître l’autre facette de Suzhou, rien de mieux que de visiter la vieille ville et surtout les très connus canaux qui font de Suzhou la « Venise de l’Est ».

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Suzhou Industrial Park SIP
  Où? Suzhou

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