Chine - Le Lac Shihu Et La Ville De Suzhou

Chine – Promenade aux abords du lac Shihu à Suzhou

La Chine est considérée comme l’une des plus vieilles civilisations encore existantes. Six mois à la découverte de l’empire du milieu, de sa culture multimillénaire et de ses habitants. Le lac Shihu se situe tout juste à côté de la petite ville de Suzhou, la « Venise de l’Est ». 

Le temps est lourd, presque suffocant. L’humidité est omniprésente. Le moindre geste requiert un effort supplémentaire dû à la chaleur. Les vêtements collent, la peau est moite. Le soleil n’est plus qu’une boule jaunâtre, transparente et bien ronde. La pollution ne doit pas y être pour rien. Les nuages quant à eux commencent leur conquête du ciel. Le combat entre le soleil et les nuages donnent une scène magnifique, pour qui se prend le temps de la contempler. Orage, pas orage?

Le ciel devient menaçant, les nuages grandissent à vue d’œil au loin et leurs ombres semblent engloutir toute la petite ville de Suzhou. Le combat semble perdu d’avance, finalement. Tout est pourtant extrêmement calme. Le vent joue ses plus belles mélodies avec les feuilles des arbres et caressent doucement les immenses champs d’herbe, en faisant voltiger au passage brindilles et sachets plastique. A la surface du lac Shihu, les vaguelettes provoquées par le vent semblent être l’œuvre d’un dragon chinois voltigeant à la surface de l’eau, l’endroit et l’atmosphère étant propices à une telle imagination. Le calme avant la tempête, sans doute. Et une soirée banale à Suzhou, en fin de compte.

Trente minutes à pied suffisent du SIP pour se retrouver sur les rives du magnifique lac Shihu. La grande roue est un très bon repère pour ne pas se perdre dans ces immenses avenues, qui se ressemblent tellement les unes des autres. La traversée de plusieurs chantiers, prairies et lotissements de la classe moyenne chinoise pour se rendre au lac laisse une impression mitigée. Peu de monde dans les avenues. Un mode de vie qui correspond plus à celui de l’oncle Sam, où la voiture est reine. Construction de lotissements à marche forcée. La Chine change, et change vite.

Sur les abords du lac Shihu, plusieurs pancartes interdisent de s’y baigner. Non pas que les Chinois ne sachent pas nager, disons qu’il doit y avoir d’autres raisons officieuses. La pollution dont est victime le lac Shihu par exemple, a laissé sous-entendre un collègue. La région du Jiangsu est connue dans toute la Chine pour ses innombrables lacs et rivières. Malheureusement, c’est un aussi une des régions les plus industrialisées, dont profite allègrement sa bien connue voisine Shanghai. Le sacrifice écologique pour l’économie est visible tous les jours en Chine, il l’est aussi à Suzhou.

Peu de personnes se promènent sur cette partie du lac Shihu, trop loin des arrêts de bus et de métros, sans doute. Les rares personnes sont des joggeurs qui profitent d’un aménagement impeccable de la berge pour faire leurs kilomètres habituels. Cela permet de profiter calmement de la vue splendide sur tout le pourtour du lac. Au loin, la grande roue, toujours. La curiosité l’emporte et cette grande roue devient une obsession, le but de la promenade. Elle paraît si proche et pourtant au bout de dix minutes de marche, elle semble ne pas s’être rapprochée.

Aux abords d’une petite crique, derrière la végétation, des rires et des gloussements se font entendre. A notre grande surprise, sur la berge du lac, nous assistons à une séance photo de mariage. La magnifique jeune mariée en robe verte se laisse prendre sous son meilleur profil. Les photos seront sans aucun doute réussies, tellement la lumière en cette fin de journée est belle. Les assistants et le marié attendent patiemment derrière le photographe, croulant sous la chaleur. Suzhou est connue dans toute la Chine comme l’une des plus belles destinations pour les photos de mariage et d’être l’endroit où sont fabriquées les plus belles robes de mariées de l’Empire du Milieu. Certaines Chinoises n’hésitent pas à venir de loin à Suzhou pour s’acheter une robe. Toute une partie de la ville est consacrée à la fabrication et au tissage des robes. Trois autres couples apparaissent sur la berge, tous suivis de près par les photographes et leurs assistants. Bien sûr, pour les occidentaux que nous sommes, le choix des couleurs de certains costumes peuvent laisser perplexe. Les chinois aiment l’exotisme, et cela se voit. Vu le nombre de photographes et de couples que nous croiserons durant toute la soirée, nous ne nous faisons pas d’inquiétude sur l’industrie du mariage; celui-ci semble avoir de beaux jours devant lui en Chine.

La grande roue se dresse enfin fièrement au bout de la rive. Le soleil couchant créé une ombre chinoise avec les bâtiments sur l’autre rive du lac Shihu. Cette grande roue fait partie d’un parc d’attraction qui ressemble fortement à une copie des parcs de Walt Disney. Pas sûr cependant que le véritable Mickey aurait été enchanté de rencontrer son frère jumeau chinois, et encore moins Pluto. Les châteaux à l’occidental n’existant pas en Chine, les décors en bois du parc sont parfaits comme arrière-plan pour les photographies de mariage.

« Bonjour, vous venez d’où? ». L’approche de cette inconnue est directe, mais fonctionne. «Oh! Vous êtes français? Qu’est-ce que vous faites à Suzhou? Vous voulez marcher un peu avec moi? ». Se faire prendre en photo avec un groupe de jeunes chinois est devenue une habitude, mais c’est avec d’autant de curiosité que nous faisons un chemin ensemble, aux abords du lac Shihu. « J’étudie à l’université de Suzhou, je suis en master d’anglais, mais je viens de la province voisine du Zhejiang, au sud du Jiangsu. Il n’y a pas beaucoup d’étrangers ici !  ». Petite discussion aux abords du lac, puis dans l’un des restaurants huppés du Moon Harbor, quartier ultra-riche de Suzhou, tout près de Time Square et de ses boutiques de luxes. « Je dois partir maintenant, merci ! ». L’étrangère disparaît aussi rapidement qu’elle est venue, sans nous laisser son nom. Une impression étrange nous envahit. Celle que les chinois cachent toujours une raison, un but. Certes, on retrouve ce comportement partout dans le monde, mais en Chine celui-ci semble plus prononcé. Et l’art de cacher ses intentions se retrouve tout naturellement dans la langue Chinoise. En l’occurrence, il est évident qu’elle a profité de notre présence pour parfaire son anglais. Notre collègue confirmera cette impression, bien qu’il est facile de vite généraliser. Cela était sans doute une première immersion de la culture chinoise et de toutes ses notions ambiguës.

La nuit révèle les lumières de la vieille ville de Suzhou, de l’autre côté du lac de Shihu, ainsi que les deux gigantesques tours en constructions (en 2011 du moins), qui seront les immeubles les plus hauts de Suzhou. Les habitants viennent flâner sur les berges, les riches touristes chinois et étrangers occupent les meilleurs bars et les restaurants à Moon Harbor. Ailleurs, les photographes continuent leur shooting de jeunes mariés. La chaleur n’est presque pas partie malgré la tombée de la nuit. Au final, l’orage éclate au loin, mais Suzhou, pour le moment, reste au sec. Une soirée banale à Suzhou, en fin de compte.

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Jin Ji Hu Gong Yuan
  Où? Suzhou

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