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Japon – Osaka entre deux Shinkansen

Un court passage par Osaka, la deuxième ville du Japon. Avec son esprit décalé et son énergie, Osaka se dévoile dans la suite de la série “Atterrissage à Tokyo“, un voyage au cœur d’un Japon mystérieux, divisé entre modernité et culture ancestrale. 

Un sifflement se fait entendre. Les portiques de sécurités clignotent de rouge et une alarme retentit. Dans les haut-parleurs, une voix féminine entonne un message incompréhensible. Le sifflement se fait bourdonnement, puis se mue en un grondement sourd. Tout autour de nous, les personnes se précipitent aux portiques de sécurité, biens alignés les uns derrière les autres et bagages en main. Les lumières rouges continuent de clignoter. L’instant d’après, deux points lumineux apparaissent au bout du quai cachant une forme étrange – longue et allongée – dans la pénombre. Arrivées à notre niveau, les lignes singulières et étonnantes se révèlent et dénotent toute l’imagination des créateurs d’une des icônes les plus célèbres du Japon. Le célèbre Shinkansen entre en gare d’Hiroshima, en toute élégance.

Dans le calme, tout le monde entre dans le wagon futuriste. Deux sièges à gauche, trois à droite. La première impression est celle d’être entré dans un avion. Nous prenons place dans le wagon spacieux – assez pour laisser la valise devant les jambes une fois assis – et surtout d’une propreté incomparable. La propreté est une quasi-obsession au Japon. Le Shinkansen ne déroge pas à la règle. L’équipe d’agents d’entretien a seulement sept minutes pour entièrement nettoyer le train à chaque arrêt en gare. Une chose qui semble encore plus incroyable est le retard moyen des Shinkansen sur une année d’exploitation : moins de douze secondes en 2014.

Lignes épurées, design aérodynamique avec son museau allongé, le Shinkansen – littéralement « nouvelle ligne interurbaine » – ressemble plus aux anciennes navettes spatiales américaines qu’à un simple train. À se demander lequel est apparu en premier. À côté de lui, le fleuron français paraitrait presque en surpoids. La forme atypique du Shinkansen tient dans le fait que les deux trains n’évoluent pas sur le même terrain. Les lignes à grandes vitesses au Japon sont parsemées de tunnels, et la forme allongée du Shinkansen permet de réduire de manière significative les « tunnels boom » – quand l’air n’a aucun moyen de s’échapper alors que le train entre dans le tunnel. Son cousin français roule quant à lui majoritairement dans la campagne et n’a donc pas besoin de cette forme allongée. Le Shinkansen représente à lui seul toute une facette du Japon, celle de la modernité et de la technologie de pointe. La carte postale idyllique est atteinte lorsque le sommet enneigé du Mont Fuji apparaît en arrière-plan du Shinkansen.

Le ronronnement du train commence et celui-ci quitte la gare d’Hiroshima en direction d’Osaka, notre terminus. Assez rapidement, nous tombons dans les bras de Morphée. Seul le chariot à collations rapides et boissons fraîches arrive à nous réveiller de temps à autre. Le contrôleur entre dans le wagon, se penche légèrement en avant et salue les passagers. Assez étrange pour quelqu’un qui n’est jamais allé au Japon. C’est un autre aspect de la culture nippone, celui du respect et du service irréprochable. Un sens du service est si poussé au Japon qu’il en deviendrait presque maladif. Avant de sortir, celui-ci nous salue à nouveau.

Les différents paysages de la campagne japonaise défilent par la fenêtre du train tel un film. Au loin apparaissent ici et là des champs de riz dorés, des forêts aux couleurs de l’automne, des villes et des villages, des immensités de verdure. La lumière du jour illumine des lacs et des rivières. ppsspp gold games for android Le film se transforme petit à petit en un kaléidoscope. Tous ces paysages défilent continuellement sans s’arrêter. Le film s’emballe lorsque le train atteint sa vitesse de croisière. Les arbres et les maisons ne sont plus que des filets de couleurs. Les songes reprennent alors le dessus.

Osaka la “sulfureuse”

Nous nous réveillons à Osaka, la deuxième mégalopole du Japon, une heure trente (et douze secondes?) après le départ du Shinkansen de la gare d’Hiroshima. La ville d’Osaka ne figure pas toujours dans le parcours des touristes lors de leur séjour au Japon. La majorité n’y reste qu’une journée tout au plus et lui préfère sa plus proche voisine, Kyoto – l’ancienne capitale impériale. La « grande colline » a, dit-on, une réputation sulfureuse. Pour autant Osaka ne manque pas d’attraits. Il souffle sur la ville une atmosphère bien différente que sa rivale Tokyo. Les habitants d’Osaka semblent moins formatés, moins sous l’influence de l’écrasante culture et société japonaise – ou bien ont-ils réussi à créer une variante s’accordant mieux à l’esprit « rebelle » de la ville. Nous ne pourrons malheureusement pas vérifier cela de nous-mêmes, étant donné que nous n’y passerons qu’une soirée, comme la majorité des touristes.

Étonnement, nous avons pour une fois de l’avance sur notre planning. Nous décidons donc de partir nous perdre dans un des quartiers les plus touristiques de la ville, le quartier de Shinsekai. Ce quartier est reconnaissable parmi tous, car il possède l’un des points d’observation les plus élevés d’Osaka : la tour Tsutenkaku. Celle-ci ressemble à une tour bien connue à Paris. Au début du vingtième siècle, la tour Tsutenkaku fut construite à l’image de la Tour Eiffel. Le quartier de Shinsekai regorge quant à lui de restaurants où il faut absolument goûter aux merveilleux Okonomiyaki (différentes de celle d’Hiroshima), aux Takoyaki (boulettes de poulpe), aux Yakiniku & Horumon (BBQ japonais) et autres délices culinaires propres à la région d’Osaka. Le quartier étant touristique, nous avons toutefois l’impression d’être dans le Saint-Germain de Paris. Comme quoi les habitants d’Osaka n’ont pas seulement copié la tour Eiffel.

Promenade au temple Shitennoji

L’après-midi bât son plein. Nous délaissons les quartiers touristiques, les tours ultramodernes et le centre d’exposition incroyable de Panasonic pour un retour dans le passé. Le soleil est au plus haut. Il faut chaud pour un mois d’octobre à Osaka. Sur la route qui nous mène vers le temple Shitennoji, nous sommes étonnés de voir surgir un groupe de jeunes filles, toutes en tenus d’écolière. Nous hésitons. Soit nous nous sommes complètement perdus, comme à notre habitude, soit nous sommes sur le bon chemin et toutes ces écolières viennent du temple. La seconde idée sera la bonne.

Le temple Shitennoji est unique, puisqu’il s’agit d’un des temples les plus anciens du Japon. Il fut fondé en 593 par le Prince Shotoku pour supporter l’introduction du bouddhisme au Japon. L’entrée au temple Shitennoji se fait par un magnifique Torii en pierre et est composée de trois bâtiments principaux: le pavillon kôdô, le pavillon kondô et la pagode à cinq étages. Malheureusement, le peu d’information concernant ce temple se fait sentir et celui-ci est en rénovation complète. Nous profitons néanmoins pour faire un petit tour et découvrir la vie quotidienne des personnes qui viennent prier ici. Parmi ces personnes se trouvent les jeunes écolières, venant dans le temple pour demander conseil pour les études et réussirent leurs examens, sans aucun doute. Aussi, quelques personnes âgées se promènent dans le temple, calmement.

Le silence et la quiétude remplit cet endroit. Loin des circuits touristiques, le temple Shitennoji est un endroit merveilleux pour se relaxer dans une ville ou tout va souvent vite, trop vite. Une oasis de calme au milieu du brouhaha urbain.

Au lieu de rentrer en métro jusqu’au centre-ville d’Osaka, nous décidons de nous perdre encore une fois dans les quartiers avoisinants du temple de Shitennoji. Nous y découvrons de magnifiques petits temples éparpillés dans toute la ville. Nous ne saurons jamais ni leur nom ni ou ils se trouvent. Et cette partie de mystère donne à la ville d’Osaka un charme irrésistible. Il est temps pour nous de rejoindre la civilisation et surtout de nous régaler d’un BBQ japonais à la viande fondante sur le gril, accompagné de petites crevettes et d’une ribambelle de légumes. Une merveille. 

Même si nous n’avons capturé qu’une petite partie de l’âme de la ville d’Osaka, ce dont nous sommes sûrs, même après seulement une journée, est que la réputation d’Osaka comme étant la capitale culinaire du Japon, elle, est parfaitement exacte.

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Le temple Shitennoji
  Où? Tennoji Ward, Osaka, Osaka
 Combien? Gratuit

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