Le Colisée De Nuit

Italie – Visite du Colisée de Rome

La magnificence du Colisée Romain trône fièrement dans l’ancienne capitale de l’empire romain. Il se dévoile dans cet article consacré à l’Italie, pays de la gastronomie, du soleil et dont la culture à forger la civilisation européenne. 

Il est aux abois, au milieu de l’arène. Tout autour de lui, la foule de plus de cinquante mille personnes en délire n’a d’yeux et d’oreilles que pour le spectacle. Certains l’acclament et l’encouragent, d’autres le huent et réclament sa mise à mort. Des créatures qu’on ne rencontre plus depuis longtemps (ou jamais) dans ces contrées – des ours, des éléphants et des lions – ou plus communs – des taureaux et des sangliers – lui font face.

Le gladiateur joue sa vie, qui dépend malheureusement aussi de l’humeur de l’empereur. Partout dans l’arène la foule est en liesse, le peuple de Rome festoie et le vin coule à flot. Certains mangent et dorment dans le Colisée – voire y font des feux – pour ne rater aucun combat, d’autres en profitent pour y faire du commerce. Le gladiateur, après avoir vaillamment combattu, lâche son arme et s’effondre dans un nuage de sable teinté de rouge. La foule est en extase, les sénateurs en jubilation, l’empereur au sommet de sa gloire. Une scène qu’il est très facile d’imaginer lors de toute visite du célèbre Colisée de Rome.

Le Colisée, symbole de la toute puissance de l’Empereur

Déjà à l’époque, divertir le peuple pour mieux le dominer était largement répandu. Au total, ce seront plus de deux mille gladiateurs et neuf mille bêtes qui perdront la vie durant ces cent jours d’inauguration du Colisée, en l’an 80 sous le règne de l’empereur Titus. D’après certains historiens, Titus aurait même organisé des gigantesques batailles navales – des naumachies – dans le Colisée, reconstituant la célèbre bataille navale de Corinthe contre Corcyre. Rome et l’Empire romain sont dans leur âge d’or.

“La construction du Colisée a commencé sous l’empereur Vespasien en l’an 70, sur les fondations du lac de la domus aurea de Néron. Savez-vous ce qui se passa durant la même année, à l’autre bout de l’empire?”, nous demande Giorgia, lors de notre visite du premier étage du célèbre Colisée. Personne, dans le petit groupe de huit personnes ne semble connaître la réponse. “Durant la même année, son fils Titus était à la tête du commandement des légions de Judée. Or, depuis 66, la province est secouée par les révoltes juives. Pour y mettre fin, Titus décide tout simplement de piller et de saccager Jérusalem, dont le fameux temple – même si ce n’était pas son intention au début -. Curieuse coïncidence, n’est pas?” continue-elle par dire, avec un petit air ironique. “Titus est revenu en héros à Rome. Les romains ont construit un Arc à sa gloire – l’Arc de Titus. Celui-ci est situé tout proche du Colisée, nous le verrons en allant vers le Forum Romain tout à l’heure”, en nous désignant la direction du Forum. Nous voyons effectivement la partie haute de l’Arc de Titus au loin, avant l’entrée du Forum Romain.

Giorgia Romanelli, ancienne professeur d’histoire de l’art et ayant vécu plusieurs années à Paris, sera notre guide pour la matinée.  Parlant parfaitement le français, avec un charmant accent italien ressortant sur certains mots, c’est un vrai plaisir de découvrir les merveilles romaines autrement que par soi-même. Et surtout d’avoir une personne capable de raconter la longue histoire de Rome et de son patrimoine. Une matinée à la découverte des trois plus grands sites antiques de Rome, qui ne sont d’autre que le Colisée, le Forum Romain et le Panthéon. Le rendez-vous est fixé à neuf heures devant l’entrée du Colisée. A cette heure-ci, la foule n’est pas encore grande, ce qui ne sera plus le cas d’ici une heure. Le Colisée attire chaque année plus de six millions de visiteurs à lui seul, ce qui en fait un des monuments les plus visités du monde, le film “Gladiateur” n’y étant pas pour rien. L’entrée du Colisée est facilité avec nos “Pass Roma“, qui nous évitent de faire la queue principale commençant à gonfler à vue d’œil et permettent d’accéder à la majorité des sites de Rome sans payer.

En faisant le tour intérieur du Colisée, avec la vue sublime sur l’arène, Giorgia continue son explication: ” Vous retrouvez ici toute l’ingéniosité dont ont fait preuve les romains pour construire le plus grand amphithéâtre de l’Empire. Il faut s’imaginer la scène. Plus de deux mille marins de la flotte de Rome sont chargés des Velum, de gigantesques toiles rouges pour protéger les cinquante mille spectateurs du soleil. Dans les gradins (les fameuses Caveas), les plus pauvres – le peuple – étaient assis au quatrième niveau, très loin du centre de l’amphithéâtre. Pour y accéder, des entrées numérotées spéciales leurs étaient réservés. Plus on se rapproche du centre, plus les positions sociales sont importantes. Avec tout devant, aux meilleures places, les sénateurs de Rome et l’empereur”. L’acclamation de Giorgia et son enthousiasme montre bien la fierté des romains d’aujourd’hui pour leur histoire et les techniques qu’inventèrent leurs ancêtres, plus de deux mille ans plus tôt. 

Chaque détail avait son importance. Malheureusement, le Colisée est dans un état assez vétuste aujourd’hui, car celui-ci a été abandonné à plusieurs reprises et surtout utilisé comme carrière. Au cœur de l’arène se trouve une reconstitution d’une partie du plancher tel qu’il était à l’origine. Il servait notamment à faire apparaître sur la scène des animaux qui étaient mis en cage dans le sous-sol. Avant la création de ce plancher, les Naumachies étaient possibles – le Colisée étant construit sur un ancien lac asséché.

L’amphithéâtre devenu symbole catholique

“Vous voyez la croix, en face d’une des entrées?” nous demande Giorgia, alors que la plupart des personnes du groupe n’avait même pas remarquée, puis continue: “Elle a été installée lorsqu’une partie du Colisée fut reconvertie en lieu de martyr pour les chrétiens. Vous saviez qu’après son abandon vers le cinquième siècle – dû notamment au coût exorbitant des combats et la décadence de l’empire romain d’occident -, le Colisée fut transformé en atelier, en forteresse, en carrière – une majorité des pierres ont été réutilisées pour construire la basilique Saint-Pierre au Vatican – et finalement en lieu de culte catholique. En fait, de façon générale, les vestiges de Rome qui nous sont le mieux parvenus jusqu’à aujourd’hui sont ceux transformés en lieux de culte catholique”.  C’est notamment en 1749 que Benoît XIV fait officiellement du Colisée un lieu pour les martyrs catholiques et y créé un chemin de croix entre le Vatican tout proche et l’entrée du Colisée. Dès lors, la préservation du Colisée est assurée.

Pendant encore une heure, nous visitons l’ensemble du Colisée. La quantité d’information est impressionnante et les sauts d’une époque à une autre sont très fréquents, presque à s’y perdre. Sur le chemin du Forum Romain nous passons à côté de l’Arc de Titus déjà évoqué. Scènes de triomphes de Titus où celui-ci ramena avec lui les trésors de Jérusalem et de son temple, dont le chandelier à sept branches. Prendre un guide pour la visite de Rome et de ces merveilles est indispensable car il y a d’innombrables anecdotes qui ne sont pas notées sur les pancartes métallique dans les différents monuments.

La matinée ensoleillée de cette journée de fin d’Août continue. A cette époque les touristes se font normalement plus rares, surtout par rapport aux mois de juin et de juillet.  kik for pc download Malgré tout, ils affluent dans tous les sites touristiques de la capitale et profitent pleinement de la générosité de l’été, qui semble-t-il, n’a pas encore cédé sa place face à l’automne. Ce qui peut surprendre, c’est l’absence totale de véhicules motorisés le long de la grande allée “Via dei Fori Imperiali” entre le Foro Romano et le Colisée. Le piétons et les bus publics semblent être les rois. Nous apprendrons par la suite que c’est une initiative du maire de Rome, le très controversé Ignazio Marino, qui limite la circulation dans le centre de Rome aux bus, afin de protéger les monuments de la pollution. Une belle et courageuse décision.

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Roma Pass 3 jours
 Combien? A partir de 36 euros
Pour quoi? Peu de file d’attente, accès à deux musées, tous les transports compris

Quoi? Guide pour Rome
 Combien? A partir d’une dizaine d’euros

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