Japon - Le Quartier De Shinjuku

Japon – Atterrissage à Tokyo – Shinjuku

La série “Atterrissage à Tokyo” fait référence à un voyage de deux semaines au pays du Soleil Levant. Un voyage au cœur d’un Japon mystérieux, divisé entre modernité et culture ancestrale. 

Le sol tremble sous nos pieds. Une petite musique accompagnée d’un sifflement d’oiseau puis d’une voix féminine annoncent au travers d’un hautparleur l’arrivée du métro. La carte en face de nous montre les innombrables lignes et compagnies de métros mais n’est d’aucune aide car celle-ci est remplie de caractères et, soyons francs, compliquée au possible. Sur les écrans, entre deux publicités, le temps d’attente à la seconde près du prochain métro. Celui-ci arrive à l’heure, comme toujours. Les phares de la voiture de tête nous éblouissent et les portes automatiques sur les quais restent fermées jusqu’à l’arrêt complet du métro – mesure de sécurité oblige. Lorsque celles-ci s’ouvrent, la chaleur en profite et s’engouffre avec nous dans le wagon.

Tokyo, capitale du Japon. Il est neuf heures du matin. Après plus de douze heures de vol au-dessus du nord de la Russie – tout près du cercle arctique – les roues du gigantesque Airbus A340 touchent le sol nippon, à l’aéroport international de Narita. Encore fatigués du vol chaotique et surtout du décalage horaire, nous cherchons le très célèbre Japan Rail Pass directement dans l’aéroport. Les débats continuent d’enflammer la toile et le monde du voyage, cela se relève tout de même un moyen sûr et sans stress pour voyager dans le pays, à condition de savoir l’utiliser correctement. Les américains semblent représenter une grande partie des touristes dans la queue de l’agence et sont nombreux à attendre comme nous de recevoir le précieux sésame. Par une chance incroyable, nous sommes venus tout juste avant l’arrivée du vol au départ de San Francisco, qui aurait rajouté quelques dizaines de minutes en plus à l’attente déjà longue.

Même dans cette capitale futuriste qu’est Tokyo, l’aéroport de Narita est un aéroport comme les autres et nous ne réalisons pas encore où nous sommes. L’avant-veille nous étions au travail, le nez plongé sur notre écran d’ordinateur, dans nos obligations et notre train-train quotidien, assez loin dans l’esprit de ce voyage au Japon. Ce n’est qu’en sortant de l’EXP, train à grande vitesse reliant l’aéroport de Narita à la capitale nippone que nous commençons tout doucement à nous rendre compte: Tokyo nous ouvre ses bras.

La légende bien réelle des Salaryman japonais.

Devant nous dans le métro, plusieurs jeunes hommes sont en costume cravate et attendent comme nous, les yeux rivés sur leurs téléphones portables. La puissance économique du Japon s’est bâtie sur ces « salaryman », tant ils ont sacrifié leur vie pour le compte de multinationales nippones. Ces petites mains qui ont façonné la société moderne du Japon d’après-guerre sont aujourd’hui de plus en plus décriées par la nouvelle génération. Dans l’imaginaire de la société, les « salaryman » sont devenus presque une « honte » et devenir l’un des leurs sonne comme un échec dans la vie professionnelle. Qui, des jeunes japonais d’aujourd’hui, rêvent de passer leur vie pour le compte d’une multinationale japonaise comme leurs pères? De devoir travailler dur, avec des horaires de travail à n’en plus finir, de passer son temps dans les trajets de la mégalopole nippone et surtout travailler après plus de soixante-cinq ans? Rien qu’à lire certains mangas – bande dessinées japonaises très appréciées- nous pouvons comprendre le désir de changement. Malheureusement la culture du travail au Japon est l’une les plus rigides qui soit, tout comme la société japonaise en elle-même. Et malgré cet appel au changement, la réalité rattrape vite l’envie de « (r)évolution sociétaire ». Le mythe des « salaryman » reste une réalité pour bon nombre de japonais.

Shinjuku, le quartier ultramoderne de Tokyo est notre destination finale pour la journée. Après un repas fugace dans un petit restaurant perdu au milieu des tours, il est temps de se rendre à l’appartement réservé sur AirBnb. A la station Higachi-Shinjuku, Koeda nous attends et nous sommes en retard. Définitivement, nous sommes vraiment des français. Malgré son anglais limité, Koeda nous souhaite la bienvenue et grâce à la technologie, nous parvenons à communiquer avec lui. Heureusement que google translate existe. Situation amusante, d’autant plus que Koeda s’essaye aussi au français. Si déjà! L’appartement en soi est assez petit, mais qu’attendre pour moins de cent euros pour trois? Sachant que Tokyo reste une des villes les plus chères au monde pour se loger. Celui-ci est très bien aménagé: lave-linge, cuisine, balcon et ce qui semble le plus important, les toilettes japonaises.

Kabukichō, le quartier de Shinjuku qui ne dort jamais.

La nuit tombe vite au Japon. Il est à peine dix-sept heures et la luminosité baisse déjà. Avec elle vient la fraîcheur de la nuit. Les températures sont agréables en journée, un peu plus fraîches en soirée et durant la nuit. L’automne commence doucement au pays du soleil levant. Dans le district de Shinjuku, Kabukichō est la destination de tout fêtard du samedi soir. L’entrée de Kabukichō est marquée par une grande porte. Le quartier « qui ne dort jamais » porte bien son nom, tant la lumière artificielle des publicités, des écrans géants, des karaokés donnent l’illusion d’être en plein jour. Mais qui dit fêtards et distraction, dit aussi truands.

Kabukichō est sans doute l’endroit le plus « chaud » de Tokyo, avec notamment les Yakuzas que l’on reconnait très facilement grâce à leurs tatouages. Ceux-ci sont à même dans la rue, au milieu de la foule. Mais nous sommes au Japon, ceux-là ne s’attaquent jamais aux touristes directement et autant le savoir, les pickpockets sont rares. C’est grâce à l’argent du jeu, de la prostitution – souvent cachée dans les karaokés – et l’extorsion des marchands que les Yakuzas « survivent ». Quant aux pickpockets, soit ils entrent dans les grands groupes criminels qui contrôlent le quartier, soit ils comprennent que de déranger le business en faisait du vol à la tire va leur attirer bien des ennuis de la part de ces groupes mafieux. Le crime au Japon n’est souvent pas visible et c’est bien pour cela que c’est l’un des pays les plus sûrs au monde.

Nous nous arrêtons dans le quartier de Shinjuku Golden Gai pour prendre un bon repas. Au menu, de la poulpe et des pâtes en soupe ainsi que des plats traditionnels à base de riz. Le premier challenge est surmonté, car contrairement à midi, la carte du restaurant n’était qu’en japonais. Mais avec une délicatesse incroyable, notre serveur nous a servi ce qu’il y avait de meilleur. Bien sûr il faut aimer la poulpe. Le quartier de Shinjuku Golden Gai est plutôt similaire à une petite ville d’époque, avec ses maisons à deux étages maximum, ses petits restaurants à même la rue etc. C’est une incroyable sensation d’avoir découvert ce quartier presque par hasard, en suivant une jeune fille qui avait tout le mal au monde à marcher avec ses hauts talons (beaucoup de jeunes filles sont dans le même cas). A côté du quartier ultramoderne de Kabukichō, Shinjuku Golden Gai donne presque une image de « banlieue malfamée », alors que c’est tout l’inverse. De retour à Shinjuku, nous trouvons un café derrière l’une des innombrables tours, avec vue sur une place fréquentée, il est temps de se reposer et d’atterrir enfin. Nous sommes au Japon. Le premier contact avec ce pays coincé entre la modernité et la tradition est impressionnant, les deux semaines au Japon le seront encore plus.

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Airbnb – site de location d’appartements
  Où? Tokyo, Japon
 Combien? A partir de 50 .- / appartement / nuits

Quoi? Japan Rail Pass
  Pourquoi? Hiroshima
Combien? Formule à 359 euros / 14 jours / personne

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