Japon - Le Temple Senso-ji à Tokyo

Japon – Une visite du temple Senso-ji à Tokyo

La suite de la série “Atterrissage à Tokyo“, un voyage au cœur d’un Japon mystérieux, divisé entre modernité et culture ancestrale met la lumière sur le très célèbre temple Senso-ji à Tokyo. 

Les rues sont quasiment vides. Le quartier ressemble plus à une petite ville, tranquille et agréable, loin de l’agitation des grands quartiers de la capitale nippone. Au coin d’une rue, une personne âgée balaye tranquillement la devanture de sa petite boutique d’un geste souple qui trahit son grand âge. Au bout d’une autre, un cycliste traverse l’allée paisiblement. Comme d’habitude, nous nous sommes perdus. Portées par le vent, des fumées âcres d’encens parviennent jusqu’à nous. Senso-ji, le temple le plus célèbre de Tokyo – situé dans le quartier d’Asakusa et dont nous sommes à la recherche, ne doit pas être très loin.

Trouver un endroit du premier coup à Tokyo tient plus de la chance qu’autre chose. Le hasard faisant bien les choses, se perdre dans le labyrinthe de béton et de verre permet aussi de découvrir certains endroits inattendus: magasins traditionnels, temples, marchés local. Cependant, à part une poignée de vélos et de petites échoppes, ce quartier doit être l’un des plus communs à Tokyo. Au bout d’une dizaine de minutes de flânerie, nous décidons de suivre l’un des rares passants que nous croisons dans la rue. Plus nous avançons, plus l’odeur de l’encens se fait plus présente. A la fin d’une étroite ruelle, nous quittons la petite ville et atterrissons directement au milieu d’une galerie marchande, semble-t-il très appréciée, au vu du nombre de personnes s’y trouvant. La Tokyo cosmopolite n’est jamais très loin. Cafés, restaurants, petits commerces et boutiques de souvenirs se sont soudainement multipliés. La rue Asakusa Shin Nakamise street – le nom où se trouve la galerie, court sur plus de deux cents mètres et est entièrement couverte, pour la plus grande joie des Tokyoïtes, surtout lors des fortes pluies ou des grandes chaleurs. S’il faut acheter des souvenirs, l’Asakusa Shin Nakamise street est l’endroit idéal, regorgeant d’objets artisanaux et de toutes les bizarreries japonaises.

L’effervescence dans le temple Senso-ji

En arrivant au croisement, les odeurs d’encens sont devenues omniprésentes. Au loin, le son grave d’un gong se fait entendre. Le temple Senso-ji n’est plus qu’à quelques encablures. A gauche comme à droite de la rue Asakusa Shin Nakamise street nous découvrons une allé splendide décorée de branches d’arbres aux couleurs de l’automne. Celle-ci courté d’un côté jusqu’au célèbre Kaminarimon, la « porte du tonnerre » et son gigantesque lampion de quatre mètres de haut, pesant tout de même plus de six cents kilogrammes. De l’autre côté du croisement, petites boutiques de souvenirs et de gourmandises artisanales salées ou sucrées se côtoient tout le long jusqu’au Hozomon, la porte de la salle aux trésors, symbolisant l’entrée du temple Senso-ji et d’où émanentc les fumées d’encens et un brouhaha indescriptible. Nous ne devions pas être si éloigné du temple, au final.

Le temple Senso-ji est l’une des attractions les plus populaires de Tokyo. En cette belle journée d’octobre, le soleil et la chaleur clémente attirent les jeunes et les moins jeunes dans le temple. Le Japon d’aujourd’hui semble être tiraillé vers deux directions totalement différentes: celle de la modernité, du progrès, de la technologie et d’une société sécularisée. A l’opposée, celle de la culture, de la religion, des croyances animistes et aux coutumes d’antan, bien plus présentes qu’en Europe. Pourtant, ces deux aspects de la société ne sont pas une dichotomie, et se retrouvent très souvent complémentaires dans la société japonaise contemporaine. On peut en trouver un aspect en allant dans des temples comme celui de Senso-ji à Asakusa. L’affluence du temple par les japonais, les prières et les offrandes, ou encore le regain d’intérêt par la jeune population pour les kimonos n’en sont que des exemples parmi d’autres. Peu de groupes ethniques en Europe ont réussi à garder leur « identité » face à l’uniformisation que nous connaissons aujourd’hui, si ce n’est les Bavarois en Allemagne par exemple.

La difficile question de la religion

Pour nous occidentaux, une telle « ferveur religieuse » dans la troisième puissance économique du monde peut étonner. Ou ce qui pourrait s’apparenter à une « ferveur religieuse ». Même si le Shintoïsme et le Bouddhisme paraissent majoritaires au Japon, la question des religions est un thème compliqué et ne se résume pas à ces deux religions. Car, comme le dit le chercheur Jean-Pierre Berthon* du CNRS: « […] les Japonais s’avèrent incapables de répondre à la plus élémentaire des questions d’ordre religieux : “A quelle religion appartenez-vous ?” ». Surtout, la religion au Japon se pratique de façon quotidienne. Offrandes quotidiennes dans les Kamidana et Butsudan – hôtels d’origines shintô et bouddhique, visites dans les temples lors d’évènements spéciaux (fêtes des morts, nouvel an) ou lors de différentes étapes de la vie (mariage, examens, nouvel emploi). La question de la religion était aussi utilisée à des fins politiques. Comme lors de la restauration Meiji en 1868, période durant laquelle le Shintoïsme était devenu une religion d’Etat.

Comme pour le temple Meiji-Jingū à Tokyo, il y a une petite fontaine à l’entrée du temple Senso-ji utilisée lors du rituel de purification. Pour les touristes, c’est plutôt du folklore, tandis que pour les japonais cela signifie pouvoir utiliser les mains et la bouche lors des prières dans le temple. Le temple Senso-ji étant un temple bouddhique, se trouve en son centre un brûleur d’encens dont la fumée possède des vertus thérapeutiques. On dit généralement qu’elle vient directement des dieux, les gens n’hésitent donc pas à brûler énormément d’encens et à attirer la fumée vers eux d’un geste des deux mains.

Nous nous laissons envahir par la spiritualité du lieu. Lorsque le soleil commence à descendre timidement, la lumière donne au temple Senso-ji une ambiance particulière. Ajouter à cela les prières, le bruit sourd des gongs, l’encens envahissant l’intérieur du Hondo – le bâtiment principal, nous nous laissons prendre au jeu et saluons les trois divinités locales du temple. Il est déjà temps de partir, le festival mando neri-kuyo nous attend à l’autre bout de la ville. Au passage, nous inscrivons sur un ema – petite plaque de bois, un message pour nous porter chance dans la vie et tout le bonheur aux proches. Chose qui semble plutôt bien fonctionner jusqu’à présent.

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Le temple Senso-ji
  Où? Quartier d’Asakusa, arrondissement de Taito

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