Vue De Kuala Tahan, Près De Taman Negara

Malaisie – Le parc National Taman Negara

Le parc National Taman Negara est le cœur de la Malaisie et le poumon vert du pays. Récit d’un voyage de deux semaines en Malaisie et à Singapour, à la découverte des trésors d’Asie. 

Plus de trente degrés sous l’ombre des arbres, qui sont sans doute plus vieux que la plupart d’entre ceux qui peuvent les apercevoir. L’humidité est elle aussi présente, à tel point que le plus simple des mouvements en devient difficile. « Il faut boire beaucoup », nous prévient Matleon. Deux litres d’eau par jour, c’est ce qu’il est conseillé dans ces conditions, encore faut-il les porter.

Devant nous, une petite rivière qui coule paisiblement. Il est une heure de l’après-midi. Une petite pause s’impose après plus de trois heures de marche au cœur d’une des plus vieilles forêts du monde. Une petite pause d’à peine une heure, le temps de préparer le repas et de se baigner dans la rivière pour se rafraîchir. « Une fois, avec un groupe de randonneurs, on avait rencontré des éléphants » commence-t-il à raconter dans un anglais avec un fort accent malais. « Ils avaient tellement eu peur qu’ils espéraient ne plus en voir jusqu’à la fin du trekking ». Matleon, chef d’une petite agence de trekking et d’un hôtel du même nom, est un amoureux de Taman Negara et de sa forêt. Dans son enfance, il avait l’habitude de chasser les petits singes de la forêt pour nourrir sa famille. « Dans cette forêt vieille de millions d’années, il est possible de croiser des tigres, des buffles, des éléphants … Malheureusement, le nombre de bêtes avait énormément diminué quand les britanniques s’étaient installés en Malaisie. Traquée et chassée dans leur milieu naturel, la majorité d’entre eux ont fini en trophées de chasses. Et ce n’est pas mieux aujourd’hui.. », conclut-il.

Un parc vieux comme le monde ..

Taman Negara, sans doute la doyenne des forêts dans le monde, est aussi l’un des plus grands parcs national d’Asie du Sud-Est. D’une superficie d’environ 4000 km2, celui-ci-jouit d’une biodiversité record, que seule quelques autres régions du monde comme le Pérou, la Papouasie-Nouvelle Guinée, le Brésil ou Madagascar par exemple arrivent à dépasser. L’endroit est très réputé pour le trekking, pour découvrir le plus haut sommet de la partie occidentale de la Malaisie et découvrir la faune et la flore d’une jungle tropicale vieille de plusieurs millions d’années. Cela permet en même temps de contribuer au financement des rangers et au fonctionnement du parc, l’entrée du parc coutant deux-trois RMs, celui du permis photo quatre-cinq…

.. avec des moyens de transports atypiques.

Plusieurs compagnies de bus proposent des trajets entre Kuala Lumpur et Jerantut, étape quasi obligatoire pour pouvoir aller vers Taman Negara. Sans doute le moyen de transport le plus atypique et exotique, remonter la rivière Sungain Tembeling en pirogue pour atteindre Kuala Tahan – véritable porte d’entrée pour Taman Negara –  met environ trois heures, l’autre moyen étant de prendre le bus d’une heure quarante. La remontée de la rivière en pirogue permet aussi de se rendre compte de l’ampleur de la déforestation de la jungle primaire, au profit des plantations des palmiers à huile, produisant l’huile de palme  « bio » pour le profit des plus grosses multinationales agroalimentaires.  Une situation qui semble être encore pire à Bornéo, de l’autre côté de la mer de Chine.

Kuala Tahan se trouve d’un côté de la rivière Sungain Tembeling, hors du parc Taman Negara. La plupart des hôtels où logent les touristes s’y trouvent, ainsi que l’office du tourisme d’où partent les bus vers Jerantut et Kuala Lumpur. Malheureusement, la corruption existe aussi dans ce sanctuaire naturel, et un hôtel a été construit de l’autre côté de la rivière, directement dans le parc. « Il s’agit du Taman Negara Mutiara. Les responsables de l’hôtel avaient mis des barbelés, car certains clients se plaignaient des éléphants qui rodaient autour de l’hôtel, voir dans l’hôtel » raconte Matleon, en soupirant. « Mais ils ont fini par les enlevés, ils sont quand  même dans un parc naturel où les animaux sont libres! ».

Outre le trekking, la visite de la canopée ou la ballade de nuit sont des activités  très prisées par les familles, car nécessitant moins d’effort physique que le trekking.

Après le repas,  nous repartons pour trois autres heures de marche, à descendre et à monter des collines recouvertes d’une jungle épaisse. « Ce soir, nous dormirons dans une grotte au milieu du parc. C’est aussi dans cette grotte que viennent parfois dormir les éléphants ». Plaisanterie? Tout au long du chemin, dans la profondeur de la jungle, il est possible de voir les excréments laissés par les pachydermes et des arbres qui sont laissés à terre lors de leur passage. Outre le rat essayant de voler les provisions accrochées à une branche, la nuit dans la grotte s’est passée sans encombre. Matleon en a profité pour raconter sa vie, sa situation, l’inondation qu’à subit Kuala Tahan quelques années auparavant, la corruption généralisée du gouvernement sur les ressources du pays aux profits des investisseurs etc.

Après une baignade dans la petite rivière au pied de la grotte et quelques heures de marche, Matleon nous emmène voir la tribu Batek. « Ce sont mes amis. Je viens souvent les voir pour faire du commerce avec eux » dit-il en leur donnant un paquet de cigarette, droit d’entrée dans le village. « Je leur achète le miel qu’ils récoltent dans la forêt, un des meilleurs de la région. Je le revends ensuite à des acheteurs à Kuala Tahan », sans oublier de mention les bénéfices qu’il réalise. Les Bateks sont un peuple semi-nomade qui vivent du et dans le parc Taman Negara. On ne compte aujourd’hui plus qu’environ 700 individus et sont considérés comme des « Orang Asli », des gens des origines. N’étant pas totalement coupés du monde moderne,  ceux-ci reçoivent souvent des groupes de trekking et leur montrent leur savoir de la forêt : faire du feu, tirer à la sarbacane, fabrication des toits des maisons etc. « Je dois parler à un ami » prévient Matleon « car c’est important de garder des contacts avec eux. En attendant, vous pouvez faire le tour du village». Une vie paisible dans la jungle, loin de toutes agitations des villes, des horaires, des visites chez le médecin. Ici, les  seules préoccupations sont de devoir pêcher le poisson ou de chasser les singes pour le repas du soir, réparer les toits en feuilles de palmier séchées et de fumer des cigarettes locales en passant du bon temps avec les autres membres de la tribu. Après 15 minutes, il est temps de retourner à l’hôtel de Matleon. Du repos bien mérité après deux jours de trekking dans Taman Negara, la forêt aux millions d’années.

Le lendemain matin, Matleon nous accompagne à l’office du tourisme pour réserver le bus qui nous ramènera à Kuala Lumpur, via Jerantut.  Nous contemplons une dernière fois le fleuve, du haut de la colline. « Ici, c’était l’endroit de mon magasin de souvenirs » dit une dernière fois Matleon, juste avant notre départ de Taman Negara. « Toutes les constructions en dures ont été emportées l’hors d’une crue jamais vu il y a quelques années. Seules les maisons flottantes ont résisté. Même l’hôtel Mutiara a été endommagé ! Mais vu que la corruption continue, ils sont en train de le restaurer, et même de l’agrandir … ». Matleon nous fait signe, et le bus démarre.

Photographies

Informations

Quelques informations en lien avec l’article qui peuvent être utiles aux voyageurs intrépides.

Quoi? Matleon Village
? Kuala Tahan, Taman Negara, Malaisie
Combien? A partir de 500RMs / personnes pour 3 nuits / 2 jours
 Comment? De Kuala Lumpur via Jerantut

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